COTI: une blockchain pour l’économie du futur ?

Alors que nous entrons clairement dans une troisième époque des blockchains, celle de l’interopérabilité, certains problèmes des deux premières époques ne sont pas encore résolus. En effet, la première génération, celle du Bitcoin et de ses concurrents, ont révolutionné les moyens de paiement. La seconde génération, celle des smart-contracts, a permis de multiplier les usages et de complexifier l’économie du marché crypto. Cependant, il restait à réunir les atouts de ces deux premières générations.

Le réseau COTI a tout simplement l’ambition de prendre cette place. Ce DAG passedepuis quelques mois à la vitesse supérieure en multipliant des partenariats avec certains réseaux tels Cardano pour s’imposer comme un des moyens de paiement incontournables de la finance décentralisée. Il est donc temps de comprendre ce que cache cet outsider.

COTI où comment un jeton ERC-20 devient la monnaie native d’un réseau ?

Dès 2017, Shahaf Bar-Geffen et David assaraf se lancent dans la construction d’un moyen de paiement et lancent leur token ERC-20 COTI sur le réseau Ethereum. Cependant, ils prennent très vite conscience que le réseau Ethereum ne correspond pas à leurs attentes à cause de son manque de scalabilité. Ils choisissent donc de commencer à construire leur propre réseau.

Afin de concurrencer les moyens de paiement traditionnels, l’équipe de Coti a choisi une architecture en DAG (Directed Acyclic Graph) pour optimiser la scalabilité du réseau. La première étape fut franchie en octobre 2018 avec la publication du whitepaper “The Trust Chain Consensus”, Trust Chain étant le premier nom donné au réseau. Le whitepaper met en place les éléments fondamentaux du réseau de la cryptomonnaie COTI (Currency Of The Internet): le protocole Base LAYER, le Proof of Trust et le multi DAG.

En 2019, le réseau Trust Chain 1.0 voit le jour. Cependant, cette première version ne permettait pas encore de développer tous les outils de paiement voulus par l’équipe de COTI. En juin 2021, Trust Chain 2.0 voit le jour et en septembre de la même année, les smart-contracts arrivent sur le réseau. Depuis, COTI multiplie les partenariats et le développement de son réseau pour s’imposer comme un incontournable autant dans la DeFi que la CeFi

L’architecture du réseau COTI

L’ambition de la Trust Chain est de gérer jusqu’à 100 000 transactions par seconde. Pour cela, l’équipe a choisi d’utiliser une architecture en DAG. Avec le Sharding, c’est la seconde solution utilisée par plusieurs blockchains de nouvelles générations (Iota, Nano, Avalanche, Radix, Fantom, Hedera) pour gagner en scalabilité. Au lieu d’avoir une structure linéaire comme les blockchains, les DAG n’ont pas de blocs qui s’enchaînent. Ce sont des transactions individuelles reliées à un certain nombre d’autres transactions. Par exemple, la transaction 1 ne sera pas nécessairement reliée à la transaction 2 mais peut-être à la 3 et 4, pendant que la 2 sera reliée à la 3 et 5 etc…. Cela permet de traiter plusieurs transactions simultanément.

Mais COTI veut aller plus loin et développer le multi DAG. Il y a d’un côté la couche de base, le BASE LAYER qui est un DAG qui sert de fondation au réseau. Les services de base de Coti sont présents sur ce BASE LAYER. Mais il est en plus possible de construire un DAG par token ou smart-contract qui aura ainsi son propre historique. Le réseau gère tous les DAG au sein des nœuds mais ces DAG ont chacun leur propre traitement, ce qui leur permet d’avoir leur propre règle. Cette architecture facilite la construction des dApps puisqu’elles pourront avoir chacune leur propre DAG, ce qui facilite la communication avec le réseau. Le multi DAG a été lancé en août 2022 et permet à chaque entreprise de créer son propre token pour sa gestion interne sur son DAG. Ces tokens seront disponibles au dernier trimestre 2022.

Du côté du consensus de validation, Trust Chain n’utilise ni le Proof of Work ni le Proof of Stake mais le Proof of Trust. Dans ce système de consensus, chaque nouvelle transaction ne peut être acceptée que si les précédentes sont vérifiées. C’est cette vérification qui établit le lien entre les transactions. Les nœuds sont chargés de les relier. Mais les nœuds eux-mêmes ne sont choisis qu’en fonction de leur Trust score qui est une mesure de fiabilité qu’un nœud a au sein du réseau. Par conséquent, son historique est pris en compte pour définir son “honnêteté”. Plus un nœud à un Trust Score élevé, plus il aura de chance d’être sélectionné. Lorsqu’une nouvelle transaction arrive sur le réseau, l’algorithme choisit deux validateurs qui ont le même Trust Score afin d’accélérer la confirmation des transactions et la réplication de leur statut dans le réseau. Le réseau dispose d’autres moyens de défense en parallèle du Proof of Trust afin de se protéger contre un nœud qui pourrait être malveillant malgré son score. Parmi eux, le PoW est utilisé pour éviter le spamming et aussi pour fournir des récompenses aux nœuds. Le but de ce modèle de consensus est d’assurer une sécurité maximale tout en assurant une scalabilité à toute épreuve.

Les services proposés par COTI

Contrairement à d’autres plateformes de smart-contract, COTI n’est pas seulement “en attente” des projets qui voudraient utiliser son réseau. Se voulant un moyen de paiement efficace pour l’économie du futur, son réseau a construit des outils pour faciliter les transactions de cette nouvelle économie. De plus, ce réseau est davantage destiné aux entreprises et aux institutions qu’à des projets utilisés directement par les particuliers, comme ont pu l’être les projets DeFi qui se sont développés depuis 2017.

Pour les holders de la cryptomonnaies COTI, une pool de Treasury a été mise en place en 2021. Elle permet de staker des COTI pour minter en échange des rCOTI (avec un risque de liquidation, le collatéral devant rester à 110%). Les rCOTI permettent de récupérer au prorata de sa participation les fees générés par l’écosystème (et les liquidations).

Plus central dans cet écosystème, COTI Pay est un service qui prendra de plus en plus d’importance dans l’offre pour entreprise. COTI est convaincu que la technologie blockchain ne pourra s’imposer comme moyen de paiement que si elle ne soumet plus les commerçants et clients à la volatilité des cryptomonnaies. C’est pourquoi COTI mise sur les stablecoins pour arriver à cette adoption. COTI Dime est le stablecoin au centre de COTI Pay. Avec une valeur de 0,1 dollars il sert de monnaie d’échange pour ce service et peut facilement être converti en un certain nombre de monnaies ou même d’autres cryptomonnaies (Bitcoin, Litecoin…). 

De plus, le wallet COTI est directement relié à une carte de crédit. Il peut donc être utilisé comme moyen de paiement pour le e-commerce au même titre que les autres moyens de paiement sur internet. Du côté des commerçants, COTI Pay offre un certain nombre d’outils pour faciliter leur gestion des paiements. 

La présence de COTI Pay à côté d’autres moyens de paiement comme les cartes de crédit, Paypal ou Skrill est possible car Coti a dès le début œuvré pour obtenir l’aval des régulateurs dans un nombre grandissant de pays. Des procédures de KYC ont été mises en place et COTI veut les intégrer à terme dans son réseau, comme Binance a pu le faire avec les BAB (Binance Account Bound).

Le DJED, un nouveau modèle de stablecoin pour la finance décentralisée ?

Avec le DJED, COTI veut montrer la puissance de son multi DAG. Pour cela, rien de tel qu’un partenariat avec le réseau Cardano. Encore à ses balbutiements, le réseau de Charles Hoskinson s’est offert un partenariat avec COTI pour construire son premier stablecoin décentralisé. 

DJED est un stablecoin adossé au dollar qui possède son propre DAG. Il est destiné à servir l’écosystème. Le DJED est un stablecoin algorithmique et collatéralisé à partir de l’ADA et du SHEN, la monnaie de réserve du DJED. Le taux de collatéralisation du DJED et du SHEN doit se situer entre 400 et 800%. Ainsi à chaque fois qu’un DJED est minté, il y a entre 3 et 7 dollars de ADA bloqués dans la pool de réserve. Le SHEN va servir à maintenir le peg. Les ADA de la réserve du SHEN peuvent servir en effet à garder la réserve du DJED dans son ratio en cas de forte volatilité. En échange, les fees de trading du DJED vont dans la pool de réserve du SHEN, ce qui permet de récompenser les holders du SHEN. Il existe tout un mécanisme qui permet en fait à ces deux tokens de s’équilibrer mutuellement.

Ce stablecoin qui est à la base conçu pour ADA Pay a développé des partenariats avec un très grand nombre de projets sur Cardano, du DEX MuesliSwap au moteur de jeu Revelar. À terme, il est même envisagé que le DJED serve de gas token sur le réseau Cardano, ce qui permettrait de stabiliser les frais de transaction du réseau sans être soumis à la volatilité de l’ADA. Cette stabilité sera la condition nécessaire pour que le réseau soit utilisé par les entreprises (afin d’assurer un budget prévisionnel) mais aussi par le grand public. Le DJED est encore en testnet mais la roadmap 2022 montre que son lancement ne devrait pas tarder. Avec la mise à jour Vasil qui a permis d’améliorer les performances du réseau, l’arrivée de ce stablecoin pourrait être un autre facteur de croissance de l’écosystème Cardano.

Exemple de la capacité de la Trust Chain à répondre à des besoins particuliers, son multi DAG pourra ainsi fournir des tokens taillés sur mesure pour chaque réseau ou entreprise.

Coti fait partie des projets qui sont rarement sous les feux des projecteurs. Pour l’instant, l’écosystème crypto leur préfère des outsiders qui arrivent avec tout un écosystème DeFi et gaming. Pourtant, ce réseau pourrait devenir un incontournable des produits financiers dans les prochaines années. La construction du stablecoin DJED pour Cardano est sans aucun doute une étape importante dans la croissance de ce réseau.


Moins connu en France que Axie Infinity ou Star Atlas, Alien Worlds est pourtant un incontournable des jeux blockchains puisque c’est celui qui rassemble le plus de joueurs. D’abord lancé sur la blockchain WAX en 2020, ce jeu futuriste utilise certains aspects des métavers. En un sens, la nouvelle génération de jeux lui devra beaucoup car il a su fédérer une communauté et explorer différentes fonctionnalités.

Alien Worlds, c’est quoi ?

Alien Worlds est un jeu blockchain qui s’est développé sur le réseau WAX, spécialisé dans les NFT et les jeux vidéo, puis sur la BNB Chain. Il s’agit d’un Play-to-Earn dans lequel les joueurs doivent miner du Trilium (TLM) sur une des six planètes du jeu (qui se sont constituées en DAO). Chaque planète est elle-même divisée en 500 lands. Selon les tools et lands dont disposent les joueurs, ils pourront récupérer une quantité plus ou moins grande de TLM. Lorsqu’un joueur mine du TLM sur le land d’un autre joueur, ce dernier reçoit une partie des récompenses. En effet, il n’est pas nécessaire d’acheter un NFT pour commencer à jouer car le jeu propose des pelles gratuites pour le minage de base. Il vous suffit donc d’avoir un wallet WAX. Les joueurs peuvent aussi staker et locker leur TLM sur la BNB Chain pour participer à des missions qui leur permettront de récupérer des NFT. 

En 2021, un pont a été créé entre Alien Worlds et Minecraft, permettant aux joueurs de Minecraft de miner aussi du Trilium. Depuis la décision de Minecraft de bannir les blockchains de toute utilisation de ses serveurs, cette liaison a disparue.

Le token TLM

Le TLM ou Trilium est le token reward et le token de gouvernance de Alien Worlds qui a une supply initiale de 5 milliards de tokens. Il existe sur les blockchains WAX, la BNB Chain et Ethereum. Alien Worlds a développé un bridge entre les 3 blockchains. Le TLM est utilisé pour augmenter les attributs des NFT, pour les réunir et pour payer les transactions sur le jeu. Il sera ensuite utilisé dans les DAO planétaires.

Les prochaines étapes de Alien Worlds

Même si le développement du jeu reste lent, une longue roadmap permet de voir les prochaines étapes. Après la mise en place des DAO planétaires, le gameplay va se mettre en place. Dans un premier temps, un mode combat devrait arriver avant la mise en place d’expériences de plus en plus immersives, le jeu ayant le projet de construire un métaverse avec une gestion des avatars et la possibilité d’aménager ses lands.

Tout comme Crabada, Axie Infinity ou DeFi Kingdoms, le propos initial de Alien Worlds n’est autre que du farming gamifié. Mais sa simplicité et le fait qu’il soit un des premiers Play-to-Earn lui a permis de construire une communauté nombreuse et fidèle tout en restant peu connu. Les prochains mois permettront de savoir si l’équipe va réaliser la roadmap ambitieuse qu’elle s’était donnée.

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