ACTUS CRYPTOS#6: MARDI 03 MAI 2022 – Le marché crypto en attente

Puisque la morosité du marché inhibe tous les investisseurs, il est nécessaire de passer en revue un certain nombre de projets pour comprendre notre situation. En effet, le range du BTC n’en finit pas et tous les investisseurs se demandent si une nouvelle plongée nous attend. Nous sommes donc très loin de la hype de l’automne dernier  et c’est peut-être mieux ainsi.  Les crises que traverse le marché crypto sont peut-être salutaires et permettent paradoxalement la construction patiente des infrastructures qui rendront possible le web3.

NB: Cette synthèse de l’actualité crypto est la dernière directement sur le blog. Elle prendra ensuite la forme de newsletter. Si vous voulez la recevoir contactez-nous (tendancescrypto@gmail.com).

Les blockchains sont-elles prêtes à l’arrivée du grand public ?

La plupart des réseaux qui sont apparus en 2021 promettent de résoudre le trilemme des blockchains et de ne pas être aussi lents ou aussi chers qu’ Ethereum. Parmi ces réseaux, Avalanche et Solana ont été les deux grandes stars de la fin d’été 2021 et le SOL et l’AVAX ont battu plusieurs fois leur record historique. Malheureusement, trois trimestres plus tard, la situation n’est plus aussi réjouissante. Solana et Avalanche sont en effet victimes de leur succès. Que ce soit à cause des mints de NFT sur Solana ou des joueurs de Crabada sur Solana, les deux réseaux ont vu le nombre de transactions exploser. Du côté Avalanche, les frais de transaction ont augmenté afin d’assurer une sécurité constante du réseau alors que Solana a été obligé de s’arrêter à plusieurs reprises comme cela est à nouveau arrivé ce week-end. En fait, ces difficultés nous font prendre conscience que l’ascension du cours de l’AVAX et du SOL a été plus lié à de la spéculation qu’à la valeur d’un produit fini. La blockchain Solana est encore en phase béta et Avalanche doit intégrer plusieurs mises à jour avant d’être pleinement opérationnelle. Mais pour celle-ci, l’arrivée des subnets devrait déjà régler quelques problèmes. Après celui de DeFi Kingdoms, celui de Crabada devrait être opérationnel dans quelques semaines, ce qui devrait faire baisser les frais de transactions sur le réseau principal.

Cosmos, de la hype au drame

Le réseau interopérable Cosmos a connu aussi une grande visibilité depuis l’automne dernier.  La sortie régulière de nouvelle zones (=blockchains) a permis de multiplier les usecases de ce réseau tout en récompensant les stakers d’ATOM et d’OSMO grâce aux airdrops réguliers. Cosmos avait tous les ingrédients de la réussite. Après Secret Network, les autres blockchains avec smart-contracts devaient arriver peu à peu afin d’accélérer l’arrivée de nouveaux projets. Malheureusement, tout ne s’est pas passé comme prévu. La zone Juno a vécu un drame pendant deux mois à cause d’une whale qui a contourné les règles des airdrops afin de recevoir une grande partie des airdrops et d’obtenir un poids exorbitant dans la gouvernance de la blockchain. Ce drame a malheureusement été suivi de peu par l’arrêt de Evmos juste au moment de son lancement. Cette zone qui devait relier Cosmos et l’univers d’Ethereum en étant dotée d’une machine virtuelle avait attiré plus d’une vingtaine de projets prêts à se lancer. Son redémarrage il y a quelques jours arrive peut-être un peu tard car la hype autour d’elle s’est quelque peu estompée. Heureusement que du côté Stargaze, Secret ou du côté des attendus Axelar et Agoric, l’attention continue et pourrait redonner un second souffle à Cosmos.

Fantom ou le far west continuel

Du côté de Fantom, l’ambiance n’est guère meilleure. Plusieurs secousses ont eu raison de son cours et le record historique du FTM qui a frôlé 3,5 dollars est maintenant très loin. Après la polémique avec Sifu, un ancien associé de Harry Yeh qui soutient Tomb Finance, et la chute de Wonderland sur Avalanche, l’annonce du départ d’André Cronje a fragilisé un peu plus le far west de la DeFi. Le départ du fondateur de Yearn Finance qui venait de sortir Solidly, un nouveau DEX qui proposait une gestion de la liquidité novatrice, a fait l’effet d’une bombe tellement son aura étzit grande. Finalement, ses protocoles ont continué sans lui mais il a depuis publié quelques articles sur Medium dans lesquels il affirme que la DeFi n’aura pas d’avenir sans régulation. Mais le dernier drame qu’a vécu Fantom est lié cette fois-ci à un personnage anonyme. Une whale a fait un emprunt risqué car elle s’en est servi pour acheter du SOLID et du DEUS, des tokens de gouvernance, tout en les lockant. Elle n’a donc pas pu payer sa dette au moment où le FTM subissait une légère correction et son collatéral de quasiment 50 millions a été liquidé. Tous ces FTM remis en circulation ont ensuite entraîné une chute du cours, un panic sell et des liquidations en cascade. Le FTM a ainsi vu son cours tomber jusqu’à 0,67 dollars. Il faudra sans doute attendre l’arrivée de nouveaux projets sérieux pour retrouver la confiance des investisseurs. Cependant, cette blockchain a réussi à garder une communauté forte de passionnés de DeFi qui sera un atout pour surmonter ces difficultés.

L’ambition des layers 2

Alors que Vitalik a encore repoussé le lancement de Ethereum 2.0, ou plutôt de la mise à jour The Merge qui signerait la convergence entre le consensus layer et l’application layer, les layers 2 d’Ethereum ne cessent de se multiplier. Le week-end dernier a encore montré la nécessité de ces solutions puisque la vente des lands de Otherside, le métavers du Apecoin et de Yugalabs a été l’occasion d’une gas war qui a fait monter les frais de transactions a plus de 6000 dollars pour le mint…

Si Polygon est toujours le layer 2 le plus utilisé, ce réseau souffre d’une lenteur qui fait reculer de plus en plus d’utilisateurs. Mais en arrière-plan, Polygon travaille à sa transformation. Au niveau écologique, Polygon veut atteindre le zéro carbone pour passer dans le camp des blockchains vertes. Pour devenir plus scalable, Polygon va aussi intégrer les zk-rollups tout en proposant les supernets, ces sous-réseaux dédiés à des projets particuliers comme les subnets d’Avalanche. 

Cependant, Polygon n’est plus seul dans le domaine des layers 2. Optimism et Arbitrum recommencent à faire parler d’eux avec le lancement de leur token respectif. Si celui d’Optimism vient d’arriver, il faudra attendre quelques temps pour celui de Arbitrum et un éventuel airdrop. Comme Loopring, Arbitrum et Optimism utilisent la technologie des rollups pour empaqueter les transactions et utiliser la sécurité d’Ethereum afin d’alléger leur traitement des données. Les optimistic rollups comme Artbitrum ou Optimism posent cependant problème car il faut souvent plusieurs jours voire une semaine pour sortir du layer 2 vers le layer 1 Ethereum car Ethereum doit valider les transactions auparavant. MetisDAO s’est donc positionné sur ce secteur pour introduire les rangers L2 qui permettent d’améliorer la sécurité globale de la chaîne et donc une sortie beaucoup plus rapide. De plus, Metis met l’accent sur une offre de service de DAO afin de permettre aux entreprises de se convertir plus aisément au web3.

Cependant, il faut aussi s’attendre à la montée en puissance d’un autre concurrent dans ce domaine: Starknet. Ce layer 2 utilise les zk rollups. En effet, son équipe a pour l’instant réussi à atteindre 300 000 transactions par seconde sur le réseau Ethereum, ce qui en fait le layer 2 le plus rapide. De plus, Starknet est doté de son propre langage CAIRO qui permet aux applications de contribuer à la scalabilité du réseau. Encore en testnet, Starknet est surveillé de près et sera sans doute un outsider à suivre.

Enfin, on ne peut pas finir ce tour d’horizon des layers 2 sans parler de Immutable X, de Myria et Shibarium qui se distinguent moins par leur solution de scalabilité que par leur thématique. En effet, Immutable X se veut le layer 2 dédié aux NFT et en cela il se place en concurrence directement avec Zilliqa et Wax. Myria est un layer 2 dédié au gaming. Son token sera bientôt mis en vente et a déjà construit une communauté qui attend les premières applications en construction. Enfin, on ne pouvait pas passer sous silence Shibarium, le layer 2 dédié à l’écosystème du Shiba Inu et en particulier de son métavers dans les premiers lands sont actuellement en vente.

Que ce soit des layers 2 thématiques ou des layers 2 qui ont pour ambition d’améliorer la scalabilité, ces solutions seront nécessaires même après The Merge, il ne faut donc pas s’inquiéter sur leur avenir. De plus, cette ultime mise à niveau leur sera bénéfique car va améliorer en contre-coup leur propre scalabilité et descendre encore leur frais de transactions.

Polkadot tisse sa toile

Après la hype des premières crowdloans sur Kusama au printemps 2021 puis en novembre sur Polkadot, les regards se sont détournés de Polkadot. Pas assez user friendly, pas assez construits, les projets de parachains n’ont pas encore trouvés leur public. En fait, on oublie souvent que le but de Polkadot est de proposer un autre paradigme que celui des blockchains EVM. Bien sûr, Moonriver a eu un certain succès à sa sortie et Astar a énormément gagné en visibilité et sera sans doute une des stars de la DeFi sur Polkadot grâce au X-VM, son système de machines virtuelles multiples. Cependant, il faut attendre la construction des grandes infrastructures, le système de communication XCM qui est en train de se déployer sur Kusama avant d’arriver sur Polkadot et qui permet le transfert de tokens entre parachains, l’utilisation de plus en plus grande du cloud computing de Phala Network, du cloud de Crust Network, de l’identité décentralisée proposée par Litentry ou du réseau social Subsocial pour que cet écosystème montre tout son potentiel. Le métavers de Bit Country est aussi un des grands projets attendus même si côté NFT et métavers RMRK se développe de plus en plus pour insuffler un côté gaming à Polkadot. La morosité du marché est donc bénéfique à cet écosystème pour se construire. Il faut attendre sans doute encore un an ou deux pour que cet ensemble soit assez opérationnel pour convaincre de plus en plus d’utilisateurs.

Ce tour d’horizon évidemment incomplet (nous n’avons pas parlé de tous les layers 1 qui vont commencer leur écosystème – Kadena, Casper, Radix – ni de Near qui propose aussi un système interopérable) montre que tout n’est pas négatif dans ce marché en baisse. Entre les crises de l’économie réelle, la remontée des taux directeurs, la volonté croissante de réguler le secteur crypto, il est difficile de trouver de bonnes nouvelles qui annonceraient un prochain bull run. Mais cela ne signifie pas que le marché des cryptomonnaies s’est éteint. Il est au contraire en pleine construction et recomposition et son paysage risque d’être très différent dans quelques années.

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